Danube

Danube : 3500 km de la source au delta

#1 Hongrie & lac Balaton (3'05)

#2 Serbie & Belgrade (8'23)

#3 Bulgarie (4'55)

#4 Roumanie et le delta (9'12)

#5 Traversée des Carpates & Bucarest (21'03)

Film HD complet (46'57)




Etape 1 : Mulhouse - Donaueschingen - Budapest
Pas le temps de souffler, pas le temps de manger un kouglof, pas le temps de prendre une bière... A peine le Rhin franchi qu'il faut monter ! Premier col de la forêt noire à gravir, le Kreuzweg à 1079 mètres, le chemin de croix qui porte bien son nom, surtout avec les sacoches. Mais la montée est sympa ; plus les coups de pédales sont durs, plus le soleil pointe son nez. Les vallées sont belles, verdoyantes. La route se transforme en chemin forestier pour rejoindre Schluchsee, une goutte perdue dans un écrin de moyenne montagne : du VTT comme on l'aime, avec des passages enneigés ! Il faut deux jours pour rejoindre la source du Danube, Donaueschingen, et le "Donauradweg", littéralement le chemin du Danube. Le début de l'Eurovélo 6. Enfin un peu de plat. La piste cyclable serpente sur les rives du fleuve (ou plutôt d'une petite rivière...), l'air est frais, la cape de pluie est de sortie dans les gorges du Danube. Puis vient Ulm, un doux mélange de tradition et de modernisme. Ici et là, un panneau indique le kilométrage jusqu'au delta du Danube... un peu moins de 2500 km. Quelques belles montées et toujours de beaux couchers de soleil. Les routes sont tout simplement féeriques et les repas gargantuesques. Parfois, il faut traverser le Danube avec un bac, mais la mini-croisière de quelques kilomètres est un luxe inespéré pour se rendre à Kelheim. Pour fêter le point le plus au nord du périple, rien de tel qu'un gâteau au chocolat à Ratisbonne. Petit à petit, le Danube s'élargit pour arriver en Autriche : le passage de la frontière se fait avant Passau, superbe ville coincée entre deux confluents. La suite est magique jusqu'à Linz, ou l'appel d'une glace est irrésistible. L'Eurovelo6 traverse des villes exceptionnelles comme Ybbs ou Melk, et la région des vins de Wachau. Les lumières pâles du soir illuminent les vignobles disposés en terrasses. Quelques arrêts salvateurs permettent des rencontres éphémères, comme John un anglais voyageur avec sa selle Brooks, tout une histoire. Apres de longues lignes droites, voila Vienne et Barbara, une ancienne camarade de fac qui propose le temps d'une nuit, gîte, couvert, lessive et rigolade. De quoi recharger les batteries avant de repartir sous la pluie. Bien triste arrivée a Bratislava. Le passage de la frontière hongroise est guère mieux. Bienvenue en Europe de l'Est, celle que j'aime : doux et savant mélange de vestiges communismes et de nouveautés occidentales. La pluie oblige une nuit en chambre d'hôtes... un lit, des WC, un radiateur, le luxe ! Les kilomètres filent et la capitale hongroise se rapproche. Les souvenirs de Szentendre, de la goulache et du kéfir reviennent vite. Voilà Budapest avec son parlement, son château, son pont des chaînes, sa cathédrale Saint-Etienne et sa place des Héros... ou je lève mon vélo en criant victoire. Deux petites journées à visiter toujours en selle, et une pause méritée dans les bains thermaux de Szechenyi. Voila les 1500 premiers kilomètres d'un magnifique voyage, mais ce n'est que le début d'une incroyable aventure...

Etape 2 : Budapest - Tulcea
Emballage... Déballage... comme un air de déjà vu ! Budapest, nous revoilà. Pour bien commencer le périple à vélo, Val nous fait une crevaison, gros coup de pompe devant le château de Buda et c'est parti... enfin, jusqu'au drame. Une grosse chute de mon binôme après 50 km, bilan : un tour aux urgences de Szekesfehervar (dur à dire... de toute façon, on comprend rien à la langue hongroise !) et quelques jours de repos et de bronzette sur les bords du lac Balaton. Cotes fêlées, genou en vrac, mal au bras, hématomes de partout, c'est pas ça qui va nous arrêter. Nous continuons par Tihany et tous les villages autour des eaux turquoises du Balaton, la chaleur est étouffante. La magie de l'itinérance est ponctuée les imprévus quotidiens, comme cette piste cyclable qui s'arrête au beau milieu d'un champs ou cette pastèque offerte par un cul-de-jatte en fauteuil. Le canal du Danube rejoint son fleuve à Bata, après avoir traversé le parc naturel Nemzeti. L'eurovelo6 Atlantique / mer Noire est de retour et nous transporte en Croatie quelques heures, puis en Serbie. Il n'y a pas vraiment de route à suivre, la piste bitumée fait souvent place aux chemins poussiéreux de hallage au bord du Danube. Il fait de plus en plus chaud, nous gouttons aux joies des étés continentaux et aux eaux gazeuses riches en sodium. Les bivouacs improvisés se succèdent, comme cette nuitée sur le terrain des pêcheurs de Backa Palanka. Parfois, nous avons plus de chance... les cyclistes sont invités comme des rois, la nuit dans un lit repose les jambes, les repas garnissent les estomacs bien maigres, les douches redonnent de la vigueur aux sportifs de passage. Toutes les rencontres sont belles. Nous découvrons Novi Sad et sa citadelle, rendue tristement célèbre pendant la guerre de 1999, puis Belgrade, la capitale serbe, ou nous flânons une journée entière sur l'île de Ada Ciganlija. C'est ici que j'avais assisté à la finale de la coupe Davis entre la France et la Serbie quelques années plus tôt, souvenirs, rien n'a changé, certains bâtiments du centre ville sont toujours éventrés par les obus de la guerre. J'aurais crevé pneu avant et arrière en même temps le jour de mon anniversaire... super cadeau pour mes 35 ans. Heureusement Val est là et a pensé à moi avec ses petites tartelettes au citron cachées au fond des sacoches et sa bougie chanteuse " Joyeux anniversaire ". Ce soir-là, nous dormirons à Rems sur les hauteurs avec un magnifique coucher de soleil. Nous passons les Portes de fer, Golubac et Donji Milanovac, pour pénétrer les gorges du Danube. A nous, les 21 tunnels. Sur le Danube, les 200 kayakistes rencontrés la veille (partis d'Ingolstadt) forcent sur les bras pour rejoindre le Delta... De belles montées, parfois à plus de 10%, pour rejoindre Negotin et Vidin, première ville bulgare traversée. Nous préférons la Bulgarie à la Roumanie pour la diversité du paysage. Mais les 350 km d'ouest en est seront loin d'être une partie de plaisir, entre cette chaleur toujours plus forte, ces chiens aboyants, ces lignes droites sans fin et ces grimpettes qui donnent l'impression d'avoir du plomb dans les sacoches. Nous passons Lom, Oryahovo, Nikopol, Ruse et Silistra, des noms qui ne font pas rêver, surtout en alphabet cyrillique avant de passer la frontière roumaine. La ville de Cernavoda rappelle que la fin est proche, nous aurions même pu être pris dans une tornade... mais les Zuzus résistent (certainement grâce aux yaourts du même nom). Le Danube est plus large que jamais avant d'atteindre Tulcea, ville aux portes du delta. Ce soir, c'est jungle urbaine, musique à fond, fête foraine et hôtel 3 étoiles, un dernier shoot touristique avant de terminer dans la quiétude des marais. La petite ville de Murighiol me fait penser à un endroit de fin du monde, tout est instantanément plat, calme et magique. Un dernier coup de pédale et de bateau nous permet d'arriver à Salina : le Danube se jette dans la mer Noire. Nous prenons un bon bain après plus de 1500 km...

Etape 3 : Carpates
Comme si les 1500 km du Danube ne suffisaient pas... nous terminons par la traversée des Carpates, en commençant par Brasov et sa forteresse. Les rues sont pavées, ça monte, ça descend, l'endroit est idéal pour faire du VTT, surtout que l'on quitte les sites touristiques. Direction Poiana Brasov et Bran, célèbre pour son château de Dracula. L'itinérance hors des sentiers battus nous conduit à Sirnea dans un endroit loin du monde. La difficulté est réelle, mais largement compensée par la splendeur des paysages sauvages, la montagne est belle, presque reposante. La chance sourit a ceux qui la provoque : nous n'avons plus rien à manger, alors nous déjeunons dans un hôtel 4 étoiles, au milieu de nulle part. Pour la première fois depuis un mois, nous sortons la cape de pluie... enfin, il ne pleut pas, il grêle ! Incroyable. Nous traversons des vallées improbables, comme les gorges en calcaire de Zarnesti, aussi magnifiques qu'inattendues. Quelques kilomètres plus loin, nous visitons un monastère, puis deux, puis trois... avant de traverser aussi vite que le vent Sibiu et Sebes, plus à l'est. Premier défi : prendre la Transalpina, route qui coupe les Carpates du nord au sud. Nous sommes récompensés par une rencontre inoubliable dans un village de montagne, invités à partager un excellent repas et passer une nuit bien au chaud. Deuxième défi : retraverser les Carpates par une route qui n'existe pas sur ma carte, enfin quand je dis route, entendez chemin bien boueux sur lequel il n'y a aucun panneau. Mission accomplie en 2 jours avec moult rebondissements pour rejoindre Radu Sadului. Troisième défi : terminer les Carpates par la célébrissime route alpine Transfaragasan, construite par Ceausescu, un mini exploit à plus de 2000 mètres d'altitude, fêté comme il se doit... sous une pluie battante au sommet ! Fin du périple à Bucarest, c'est fini, tout le monde descend... enfin monte dans l'avion ! Les vélos emballés avec amour sont confortablement installés en soute, attendant la prochaine sortie...

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